Djia Mambu à Cannes : "Cette année, c'est la fête !"

Elle est la première femme noire d'origine congolaise jury à La Semaine de la Critique. Journaliste et critique de cinéma, Djia Mambu contribue régulièrement au site Africultures, à la revue panafricaine de cinéma Awotele et aux programmes cinéma de TV5 Monde. Cinewax l'a rencontrée sur la croisette !  

Cinewax À ton avis est-ce que cette année les cinémas d'Afrique sont représentés à Cannes à la juste mesure de ce qui est produit sur le continent ? 

Cette année, c'est la fête ! Je crois qu'il y a six films africains en compétition. Avec d'abord "Atlantique" de Mati Diop, en lice pour la palme d'Or. Et puis deux films dans la catégorie Un Certain Regard réalisés par une Marocaine et une Franco-algérienne, deux autres films africains à Semaine de la Critique et un à la Quinzaine des Réalisateurs. Enfin, il ne faut pas oublier "Caméra d'Afrique", le documentaire du réalisateur Tunisien Ferid Boughedir, qui est projeté  à Cannes Classics. C'est assez énorme, surtout que les femmes sont également de la partie. Tout ce que j'espère c'est que cette année ne soit pas une exception et que la tendance se poursuive les années suivantes. En tout cas cette fois-ci, on a une belle sélection. Je ne dis pas ça parce qu'il y a un quota de "diversité". Les films sont vraiment bons. 

Cinewax Tu collabores en tant que critique cinéma à différentes revues africaines ou axées sur les arts africains. Est-ce qu'aujourd'hui le métier de critique est enseigné, valorisé et surtout représenté sur le continent africain ?  

Il y a beaucoup de critiques de cinéma africains et la majorité d'entre eux sont évidemment basés sur le continent. Cependant, il n'y a pas vraiment de formation ni d'école et la principale difficulté pour eux c'est le manque de salles et la problématique de l'accès aux films. Car en Afrique il est rare de voir des films d'auteur en dehors des festivals. En vivant en Occident je suis donc privilégiée car je vois beaucoup plus de films africains que mes confrères. Cela s'explique en partie par le fait que beaucoup de ces films sont co-produits par des boîtes de productions européennes, ce qui fait qu'ils sont projetés d'abord en Europe. 

Cinewax Tu as récemment lancé "Maziwa Makuu Films" une maison de distribution basée en République Démocratique du Congo. Qu'est-ce que tu souhaites accomplir à travers ce projet ? 

Cette maison distribution, c'est mon prochain challenge. En Afrique, si le secteur de la production s'est vraiment développé ces dix dernières années, la distribution reste un gros défi. J'ai choisi de commencer par la République Démocratique du Congo parce que c'est là d'où je viens, mais je souhaite vraiment pousser la porte de la distribution dans toute la région des Grands Lacs. Lorsque les africains voient que les films réalisés par leurs compatriotes sont d'abord diffusés à l'étranger, ils ont envie dire : "Mais ces films vous les faites pour qui ?" C'est quand même important que les films soient aussi vu de manière locale.

Retrouvez l'interview en intégralité en vidéo dans les jours qui viennent ! 

Propos recueillis par Sidney Cadot-Sambosi et Maël Noubissié

 

 

1 commentaire

  • Félicitations madame la juriste Djia Mambu, nous sommes tous très fière de toi , you are bless and remain blessed in Jesus Christ name

    Helen Suki

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