Barkomo, les traditions du Pays Dogon

Barkomo est un long-métrage de 75 minutes réalisé par deux réalisateurs maliens. Aboubacar Bablé Draba et Boucary Ombotimbé, excellent dans l’art de retranscrire l’histoire.

En 2017, avec “Ville peinte”, un court-métrage sur la société malienne dans toute sa diversité, il reçoit la médaille d’argent lors du concours de la création numérique à Abidjan. En 2019, il co-réalise Barkomo.




Mali, fin du 17e siècle. Dans un hameau du Pays Dogon, un chasseur vis avec ses deux femmes. La première, Yamio, infertile après 10 ans de mariage, tente de se suicider à cause de l’humiliation que lui inflige sa jeune co-épouse, qui a donné un enfant à son époux. Sur le chemin de son exil, elle atterrit dans un village qui voit ses récoltes s'appauvrir et ses villageois sombrer dans la folie. 

Tourné dans des sublimes décors naturels près de la falaise de Bandiagara, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, Barkomo se penche sur des sujets tels que la religion animiste, la condition des femmes africaines, les sociétés patriarcales ainsi que le rôle social des femmes et des hommes au 17e siècle, une période peu explorée de l'histoire en Afrique. Cette histoire locale met en avant les coutumes et traditions du Pays Dogon. 

Une histoire inédite qui se penche sur des communautés dogons du sud-est du mali. Les réalisateurs nous emportent dans un univers singulier aux personnages surprenants en tout point. Les décors, à l’historicité très crédible, sont majestueux et rehaussés par des costumes traditionnels magnifiques. 

Les réalisateurs se sont en quelques sortes donné une mission, filmer la diversité et la beauté du Mali.  “C’est l’ensemble des différences qui fait un peuple” affirme Aboubacar Bablé Draba.

Pays Dogon : 

Cette région, se situant à Mopti et abritée par la falaise de Bandiagara au Mali, possède de nombreux vestiges d’habitat anciens et est peuplé essentiellement de Dogons (ethnie du Mali).

Les Dogon, sont avant tout des cultivateurs (essentiellement du Mil) et des forgerons. Ils sont réputés pour leur cosmogonie et leurs sculptures. Leur langue parlée est le Dogon, qui regroupe plusieurs dialectes. Il existe aussi une langue secrète, le sigi so, langue réservée à la société des masques. 

Les réalisateurs : 

Aboubacar Bablé Draba est né au Mali et est un enfant de l’ethnie Dogon.

Après l’obtention de son baccalauréat en 2010, il intègre le Conservatoire des arts et métiers multimédia, Balla Fasséké Kouyaté de Bamako et obtint son Master. 

Il se forme en collaborant avec des artistes maliens, burkinabés et français, notamment en réalisant des émission télé pour la télévision nationale malienne et s'expérimente dans le domaine de la série télé jeunesse ou encore de la vidéo d’art. Quelques temps après, il décide de devenir cinéaste.

Quant à Boucary Ombotimbé, il né dans le cercle de Bandiagara au Mali.

Après son baccalauréat, il obtint un diplôme de l’institut National des Arts de Bamako, section dramatique et un autre de mise en scène de la faculté de lettres, langues et sciences de Bamako. Il est également professeur de théâtre et metteur en scène de la compagnie NAMA de masques et marionnettes.

Au cinéma, il a suivi une formation au centre national de la cinématographie du Mali de 2011 à 2014 et s’est formé auprès de Souleymane Cissé. Il a été acteur en jouant les premiers rôles dans Nunungunu kan de Soussaba Cissé, dans Les rois de Ségou de Boubacar Sidibé et dans Les signes des yeux de Nega Maiga. Il est également réalisateur d’un moyen métrage : La fille de Coulibaly et du court-métrage : L’assemblée des fous.

Barkomo est une réalisation grandiose avec un rythme particulièrement réussi. 

 

Retrouvez Barkomo sur notre plateforme OAFF (Online African Film Festival) du 15 novembre au 15 décembre 2019 et profitez de plus de 30 films exclusifs sur le thème du rêve africain. https://oaff.cinewax.org/ 

 

Soum Gassama, rédactrice Cinewax